Bonjour
Trois histoires : l'intimidation, la violence dans le couple, les tensions familiales. Trois capsules de 30 à 45 secondes, pensées comme les chapitres d'un même récit de près de deux minutes. Et au bout de chacune, quelqu'un qui répond.
L'intention
La détresse s'installe rarement en un seul instant. Elle prend forme dans une accumulation de petits gestes, de silences, de regards qui, isolément, semblent anodins, mais qui finissent par devenir insoutenables. Trois histoires racontent cette même réalité sous trois angles. Peu de mots : on ressent plutôt qu'on explique. Puis un message envoyé. Et quelqu'un répond.
L'objectif n'est pas de raconter trois drames, mais de montrer une même réalité sous différents angles. On ne filme pas la détresse : on filme le passage, ce moment précis où quelqu'un cesse d'être seul.
Histoire I · L'intimidation
Chaque matin, le même autobus scolaire. Une allure un peu rebelle, une chaîne au cou, une attitude qui semble dire qu'il n'a besoin de personne. Derrière la façade, son regard trahit une grande vulnérabilité. Les regards deviennent des provocations, l'humiliation s'installe. Jusqu'à ce qu'une petite carte, glissée par le chauffeur, change tout.

Une façade de dur. Les marques qu'on voit, celles qu'on ne voit pas.

L'humiliation s'installe. Le bruit du monde dehors, le vide en dedans.

À bout de forces, il retrouve la carte au fond de sa poche.
Histoire II · La violence dans le couple
Ils sont jeunes, amoureux, inséparables. Puis, presque imperceptiblement, quelque chose change : un regard impatient, une remarque, une pluie de messages « t'es où? tu fais quoi? t'es avec qui? », une position partagée qu'on exige, un poing contre le mur. Chaque scène dure à peine quelques secondes, mais l'intensité monte. Ce qui faisait rire autrefois devient une source de peur.

Au début : la complicité, les rires, un petit jeu qui n'appartient qu'à eux.

On croit assister au début d'une belle histoire.

L'écran s'allume sans arrêt : « t'es où? t'es avec qui? ». Le téléphone devient une laisse.

Seule, incapable de retenir ses larmes, elle réalise qu'elle ne peut plus porter ce poids.
Histoire III · Les tensions familiales
Une adolescente dont la chambre raconte qui elle est. Un père qui ne trouve plus le chemin vers elle : la complicité d'autrefois s'est effritée, et la rupture du lien affectif est une blessure en soi. Il n'y a pas de méchants : juste deux personnes qui s'éloignent sans se comprendre. Continuez à défiler, la galerie avance avec vous.







Pas de méchants. Juste un fil à renouer.
La résolution commune des trois histoires. Chez Tel-jeunes, la grande majorité des échanges avec les ados se fait à l'écrit : le chat d'abord, le texto ensuite. Le film se termine donc sur un geste d'aujourd'hui : on ouvre le chat, on écrit, et les trois points s'animent. Quelqu'un répond, chaleureux, sans jugement, et on se tutoie. Même trop angoissé pour écrire, la présence reste. Le père, lui, peut décrocher son téléphone : les parents ont les deux portes. Écran noir : il existe toujours quelqu'un pour t'écouter. Fais le premier pas.
La réalisation
Chaque histoire commence dans le banal. Un geste normal, presque anodin, se transforme par paliers en situation de violence ou de contrôle. Jamais d'effet de choc : c'est la progression qui rend la chose insoutenable, et reconnaissable.
La performance est réduite à l'essentiel : gestes, regards, petits instants significatifs. Un ton calme, presque contemplatif, où les silences matérialisent l'émotion. On comprend que ça s'accumule depuis des mois, parfois des années.
Les codes du court-métrage narratif plutôt que du message publicitaire court et agressif. Des plans larges et respirés qui installent les personnages dans leur environnement, des plans serrés pour l'intimité, une lumière douce de lever ou de crépuscule. La caméra laisse respirer l'espace.
Presque pas de dialogue : les images, les gestes et les non-dits racontent l'essentiel. La seule « voix » du film, c'est la réponse de Tel-jeunes : à l'écrit pour les jeunes, une bulle qui s'anime et un tutoiement chaleureux; à la voix pour le père. Même sans un mot, la présence reste. C'est le principe qui ferme chaque capsule.
Structure de la campagne
Chaque histoire vit seule en capsule de 30 à 45 secondes. Entrecoupées au montage, elles composent un film de près de deux minutes où les émotions se répondent : une porte qui se ferme, un regard qui s'abaisse, une main qui hésite. Les trois récits partagent la même courbe dramatique.
Des gestes anodins, une complicité, un quotidien reconnaissable. Un autobus scolaire, un couple qui rit, une chambre-atelier. On croit assister au début d'une belle histoire.
L'accumulation et la répétition : des moqueries, une remarque, une pression qui monte. Isolément, tout semble anodin. Ensemble, ça devient insoutenable.
Le point de bascule, différent pour chacun : une carte trouvée au fond d'une poche, une valise refermée de force, des dessins arrachés du mur. Le silence qui suit est plus lourd que les cris.
On ouvre le chat, on écrit. Les trois points s'animent, une réponse arrive : chaleureuse, sans jugement. Le père, lui, entend une voix décrocher. Écran noir. Il existe toujours quelqu'un pour t'écouter. Fais le premier pas.
Le son
« Presque pas de dialogue. Le réel d'abord : une respiration, le bruit de la circulation, une porte qui claque. Puis, à la toute fin, la vibration d'une réponse qui arrive. »
Mix sobre, silences signifiants. La signature sonore des trois capsules : les trois points qui s'animent, une notification douce, et pour le père, une voix qui décroche.
Nos valeurs
L'équipe KOLOC
Koloc, c'est un lieu où les idées prennent leur temps. Où on observe, on échange, on teste, on recommence. On croit à la force du collectif, aux différences qui s'additionnent, et à l'importance de créer dans un climat sain, ouvert et sincère. La culture, chez nous, ce n'est pas un mot accroché au mur : c'est ce qu'on vit au quotidien, sur les plateaux comme au bureau.
Créer avec intention. Travailler avec des humains. Et aimer profondément ce qu'on fait.